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Macédoine : quelle est la capacité de nuisance de l'AKSH ?

L'Armée de libération nationale albanaise (AKSH), une fraction radicale et dissidente de l'UCK, a récemment menacé de reprendre les armes. Apparue au lendemain des accords de paix d'Ohrid, en août 2001, cette formation militaire s'oppose au processus de paix et entend lutter pour la création d'une « Grande Albanie ». Alors que l'Union européenne vient de prendre le 31 mars dernier la relève de l'Otan en Macédoine pour assurer la sécurité, Mondes-rebelles.com vous propose un coup de projecteur sur cette organisation mystérieuse et opaque.

Armata Kombëtare Shqiptare : AKSH (Armée de Libération Nationale Albanaise)

Ce groupe de combattants est apparu la première fois en 2001, en manifestant son opposition aux accords d'Ohrid entre le gouvernement macédonien et les partis albanais. Les rebelles albanais ont ensuite été signalés au Kosovo et en Macédoine alors qu'ils tentaient de lever un « impôt » de guerre auprès d'hommes d'affaires et d'entreprises locales. Ils semblent être liés à des affaires de racket et de kidnapping d'hommes d'affaires en Macédoine. Là aussi, il s'agirait de financer l'effort de guerre.

Le 15 février 2003, l'AKSH a revendiqué une attaque à la bombe contre le tribunal de Struga, situé à l'Ouest de la Macédoine, alors que se déroulait le procès de proxénètes albanais. Cette organisation serait également à l'origine d'attaques contre des patrouilles de police macédoniennes et de menaces contre des gardiens de prison. Mais des représentants albanais affirment que l'AKSH cherche à s'approprier la responsabilité d'actions qu'elle n'a pas commise.

L'AKSH a récupéré une partie de l'armement de l'UCK, constitué d'armes légères et de roquettes anti-chars. Concrètement, leurs forces armées compteraient moins d'une centaine de combattants, mais ils bénéficient du soutien de plusieurs centaines d'Albanais. Leur quartier général serait situé en Macédoine, dans la région de Tetovo. Les guérilleros revendiquent une filiation directe avec l'ancienne UCK, qui bénéficie d'une image très favorable dans la population albanaise, et en reprennent le logo. Mais ils sont loin de bénéficier du soutien populaire de l'ex-UCK.

Violemment opposés aux partis albanais modérés, ils sont suspectés d'avoir attaqué à la roquette le siège de l'Union pour l'intégration démocratique (BDI), à Skopje. Leur représentation politique légale en Macédoine serait le Front d'Unification Nationale des Albanais.

Les avis divergent sur les buts réels recherchés par cette organisation. Selon des Albanais modérés, ce groupe cherche avant tout à préserver ses intérêts financiers en maintenant une état d'insécurité, et se sert de la surenchère nationaliste pour justifier ses actions contre les partis politiques albanais concurrents. Politiquement, il s'agit d'une aile radicale albanaise, composée d'anciens communistes, ex-hodjistes (proches du gouvernement d'Enver Hoxa en Albanie), maoïstes et anciens combattants de l'UCK qui militent pour le regroupement de l'ensemble de la communauté albanophone au sein d'un Etat unique (« Grande Albanie »).

Selon les services secrets occidentaux, ce groupe armé ne serait pas capable de déstabiliser la Macédoine, mais pourrait passer à l'action d'ici six à dix mois.

 ©  Fabrice Pozzoli-Montenay
Publié par Mondes Rebelles, avril 2003

   

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