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Assassinat de Djindjic : qui sont les
Bérets Rouges ?
Le « clan de Zemun », un réseau
mafieux opérant dans un quartier de Belgrade, est accusé
par les autorités serbes d'avoir fomenté l'assassinat
du premier ministre serbe Zoran Djindjic. A la tête de ce gang
mafieux figure le colonel Milorad Ulemek Lukovic, surnommé
« Legija », un ancien dirigeant des Bérets rouges.
Les Bérets rouges - Unité pour
les opérations spéciales – SAJ
A l'origine nommée « Unité pour
les opérations spéciales », cette unité
a été commandée par le colonel Milorad Ulemek
Lukovic de 1996 à 2001. Surnommé « Legija »
d'après son passage à la légion étrangère
française, il est aujourd'hui accusé d'avoir participé
à l'assassinat du Premier ministre serbe Zoran Djindjic.
Legija est connu comme étant l'un des chefs d'un groupe criminel
organisé, le « gang de Zemun », constitué
de plus de 200 membres contre lesquels il a été déposé
plus de 300 actes d'accusations.
Plus communément surnommée «
Bérets Rouges », l'unité a été
fondé par Dragan Vasiljkovic, en août 1992 sous l'autorité
du ministère de l'Intérieur de Yougoslavie. Elle compterait
plusieurs centaines de membres. Leur mission d'origine était
la protection rapprochée de personnalités politiques
et militaires, et la lutte « anti-terroriste ». Formés
à l'académie de police, certains membres ont indiqué
avoir été entrainés aux arts martiaux, aux
"liquidations silencieuses", à utiliser le couteau,
la corde ou les mains nues pour briser la nuque des victimes.
Impliqués dans les actions militaires serbes
lors des conflits en Croatie, en Bosnie et au Kosovo, de nombreux
membres de l'unité sont recherchés par le Tribunal
Pénal international pour l'ex-Yougoslavie. Deux d'entre eux
ont témoigné anonymement contre le président
Milosevic.
Proches de l'armée et de la police
Les Bérets Rouges sont suspectés d'avoir
participé durant l'ancien régime à des assassinats
politiques au profit de Slobodan Milosevic (en particulier contre
les dirigeants du parti SPO et son leader Vuk Draskovic). Pourtant,
ils ne bougeront pas pour protéger le régime lors
des manifestations du 5 octobre 2000 dans les rues de Belgrade.
Proche à la fois de la hiérarchie
militaire et policière, en dépit de l'inimitié
entre ces deux corps en Serbie, ce groupe bénéficie
de nombreuses relations politiques dans les milieux ultra-nationalistes
(SDS de Seselj) et proches du régime de Slobodan Milosevic.
Ils se considèrent comme des « héros »
et des « combattants de la liberté ». Ils sont
connus pour avoir côtoyé la « Garde des volontaires
serbes » (les « Tigres »), créée
et dirigée par Arkan. Les deux unités s'échangeaient
des combattants, de l'équipement et des cadres de commandement.
Il est cependant possible que des membres des Bérets rouges
soient impliqués dans l'assassinat de Zeljko « Arkan
» Raznatovic.
Le 12 novembre 2001, une centaine de membre des
Bérets Rouges refusent l'arrestation de cinq des leurs, transférés
à La Haye, et avancent vers Belgrade, armés et en
uniforme. Ils s'arrêteront aux portes de la capitale.
Les anciens membres de l'unité sont étroitement
mêlés aux réseaux mafieux serbes, dans des activités
de trafics (drogue, cigarette, armes, êtres humains), d'enlèvements,
et d'homicides.
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